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En vous décrivant les épices , graines et herbes j'en apprends moi même beaucoup ! Le Pavot waouh j'en ai appris une belle ! Pour savoir il suffit de lire ! hihihi

 

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Le pavot somnifère ou pavot à opium (Papaver somniferum), appelé également « pavot des jardins », est une espèce de plante herbacée annuelle de la famille des Papaveraceae originaire d'Europe méridionale et d'Afrique du Nord. Connue pour ses propriétés psychotropes, elle est aussi cultivée à des fins ornementales ou alimentaires.

De nombreux cultivars ornementaux existent de nos jours (paeoniflorum par ex.). On distinguait cependant deux variétés de pavot somnifère :

  • Papaver somniferum var. album - le pavot blanc ou pavot à opium. Fleurs à corolles blanches et à fruit indéhiscent (dont les graines ne peuvent être libérées sans destruction du fruit) contenant des graines d’un blanc jaunâtre. C'est plus spécifiquement de cette variété que l'on extrait le latex afin de confectionner l'opium.
  • Papaver somniferum var. nigrum - le pavot noir, œillette ou encore pavot bleu, cultivé pour ses graines. Fleurs à corolles d’un rouge violacé et à fruit déhiscent (dont les capsules présentent, sur le bord du plateau stigmatique, des pores, s'ouvrant lorsque le fruit se dessèche, et par lesquels les graines sont libérées) contenant des graines gris-bleu-ardoisé.

Toutes les variétés de Papaver somniferum contiennent des alcaloïdes opiacés dont les plus connus sont la codéine et la morphine. Cette dernière, outre la production à but thérapeutique pour ses effets analgésiques, fait l'objet d'un trafic illicite essentiellement destiné à sa transformation en un opiacé synthétique : l'héroïne.

 

Le pavot oriental ou pavot d'Orient apparait comme une forme cultivée, divergente et très évoluée du pavot setigerum dans ses couleurs et la grosseur de ses pétales, de ses pistils, et de son fruit. Son plateau stigmatique reconnaissable est le plus souvent très foncé. Il est cultivé aisément par les jardiniers, présente communément de très grandes fleurs, peut supporter la transplantation et est relativement fréquent dans l'ornement d'espaces tant privés que publics.

Bien que modeste, il a été ponctuellement utilisé en médecine en Orient et a fait l'objet d'études de projets industriels pharmaceutiques aux États-Unis où il est considéré comme un grand spécimen de pavot setigerum. C'est plus spécifiquement l'espèce papaver bracteatum (un nom générique des grands orientalis présentant des bractées foliacées) qui avait été mise en valeur par l'administration de Richard Nixon pour remplacer le pavot somnifère dans l'industrie pharmaceutique. C'est sa forte carrure et sa bonne production d'alcaloïdes précurseurs (thébaïne) qui peut intéresser l'industrie, alors que son taux d'agents narcotiques majeurs (morphine...) est peu élevé, tout comme sa production de latex. Par modification génétique ou croisement, il est pressenti de pouvoir lui faire produire une très forte quantité de codéine ou de thébaïne avec un taux très faible de morphine. Cependant la découverte de Kenneth W. Bentley d'une série de dérivés de la thébaïne (la série de Bentley) beaucoup plus forts que la morphine (buprénorphine, étorphine, oripavine... Certains sont plus de 3.000 et même 10.000 fois plus puissants que la morphine, mais parfois très toxiques) firent craindre aux administrations une transformation beaucoup plus avantageuse de la plante par les laboratoires clandestins en ces substances, au bas mot 10 à 100 fois plus productives que la transformation du pavot somnifère en héroïne, ce qui fit abandonner alors l'idée de répandre ce type de pavot.

Le papaver orientalis est plus généralement confondu avec le pavot noir par les grainetiers bien qu'il s'en détache par sa composition et certains de ses caractères physiques (forme des feuilles, taille de la plante, aspect robuste, fruit déhiscent généralement plus trapu à plateau stigmatique peu débordant et non érigé) qui en font une espèce ou une sous-espèce à part entière de pavot noir mais très diversifiée elle aussi.

Il n'existe pas naturellement à l'état sauvage en Occident, étant une création locale et ancestrale de variétés orientales qui n'ont été diffusées en Europe que tardivement dans un intérêt horticole décoratif ; ne présentant par ailleurs aucun atout céréalier ni médical sur les pavots noirs et blancs alors utilisés. Ses graines sont noires et leur vocation alimentaire limitée.

 

Le pavot noir à graines bleues, encore appelé pavot bleu ou pavot à oeillette, se montre le plus varié et élégant et son Histoire avec l'Homme est complexe. C'est lui que l'on désigne en agriculture traditionnelle et dans la flore vernaculaire sous le simple nom de pavot ou pavot somnifère. Par extension, il peut porter le nom de pavot à opium.

Son plateau stigmatique est débordant, dentelé par sectionnement lors de son développement et souvent érigé à maturité. De toutes tailles et aux pétales variés, il produit des graines alimentaires et était appelé oeillette au même titre que d'autres plantes céréalières et oléagineuses. Cette appellation générique d'œillette, ou oliette (qui produit de l'huile  ), n'est pas spécifique au pavot à graines bleues. Il a longtemps été une source très importante d'huile alimentaire, particulièrement en Europe, et ce n'est qu'au 19ème siècle que l'opium - et non pas le pavot en lui-même (sa décoction médicale ou ses sirops par exemple) - fut envisagé comme un stupéfiant en Occident.

Il n'est généralement vendu qu'à l'état de semence horticole puisqu'il ne supporte pas bien la transplantation et ne peut donc être vendu en pot. C'est cependant le type de pavot le plus recherché par les jardiniers à la fois sur ses formes rustiques (aux pétales lilas) et ses croisements possibles. Sa culture ornementale se montre par endroit discrète en raison de la symbolique et de la morale qui lui sont attachées mais aussi de sa toxicité accidentelle (intoxication d'enfants) ou même des risques de convoitise. Il y a donc dans le pavot une notion de précaution qui couronne sa personnalité très emblématique.

Le pavot noir se retrouve à l'état sauvage à proximité des endroits où il a été cultivé mais reste globalement une plante rare. Les souches primitives sont devenues très peu nombreuses et ont pu disparaitre à force de pollinisation croisée avec l'agriculture et d'envahissement des espèces cultivées. Ce sont donc le plus souvent des espèce agricoles à graines bleues comestibles qui peuvent se rencontrer en place des espèces dites sauvages et leur fruit est alors très majoritairement indéhiscent. Elles n'ont souvent été sélectionnées que pour leur abondance céréalière et présentent des pétales simples identiques au pavot setigerum (lilas, rouges ou blancs). L'une des plus vieilles et célèbres variétés médiévales présente cependant une élégante fleur double (à fleur de pivoine) d'un rouge sombre et était utilisée en agriculture tout autant que dans les monastères et leurs hospices.

Les variétés aujourd'hui utilisées par l'industrie pharmaceutique, sélectionnées cette fois-ci dans un but médical, sont issues des souches céréalières rudimentaires exsudant peu d'opium mais suffisamment rentables à l'échelle industrielle après extraction de la paille de pavot. Les remèdes les plus anciens, connus notamment des grecs (telle la thériaque), ou encore les préparations diacodes ou de méconiums du moyen-age, ont utilisé ce type de pavot, principe même des opiats, c'est à dire des véhicules médicamenteux ou héroïques, dont il est aussi à l'origine de plusieurs noms. Malgré les tentatives tardives, surtout au 19ème siècle, l'opium n'a pourtant jamais été récolté avec succès de ce pavot dans les programmes nationaux occidentaux cherchant à en produire. La drogue opium, ainsi que toute sa problématique qui ne se découvrit finalement que très tard dans la période historique, ne se trouva pas issue de cette sous-espèce, contrairement aux médicament traditionnels, primitifs du moyen-age, qu'elle avait largement composé.

 

Le pavot blanc est encore appelé le pavot à opium et n'est aujourd'hui que très rarement cultivé. Il est directement lié à la responsabilité des pouvoirs publics depuis la convention internationale sur l'opium de 1912 et les conventions uniques sur les stupéfiants. Certains pays l'interdisent dans la loi, d'autres par arrêté. Ses interdictions peuvent s'étendre à l'ensemble des autres grands pavots.

D'aspect assez identique au pavot à graines bleus, les siennes sont blanches, de taille et de forme identiques, et ne présentent pas d'aussi bonnes vertus oléagineuses et gustatives. Son opium est abondant. C'est de ce pavot que l'on a tiré l'opium stupéfiant et médical qui fut à la fois le plus grand vecteur des progrès et des découvertes de la médecine (comme l'indiquait notamment le médecin Thomas Sydenham au 17ème siècle) autant que l'un des ses plus singuliers défis sanitaires qui amena à la convention sur l'opium au tout début du 20ème siècle.

 

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Tag(s) : #Epices & Plantes

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